Lycée

Conférence de rentrée pour les élèves de Terminale (11 septembre 2025)

Par Emmanuel Brochier : I.A. (Intelligence Artificielle) et enjeu éthique

Le propos de cette conférence donnée par Emmanuel Brochier, philosophe chercheur, maître de conférences, doyen de l’IPC (Faculté de philosophie et de psychologie), était d’interroger l’IA dans la perspective de la philosophie, c’est-à-dire avec le souci de clarifier le langage en levant les ambiguïtés, d’interroger les idées en pesant les arguments et d’en examiner enfin la valeur. Il s’agissait, dès lors, d’aborder l’IA non en tant que simple technique nouvelle toujours plus performante, mais en la situant dans la perspective de la modernité caractérisée par le projet et l’espérance d’une emprise sur le monde terrestre grâce au progrès scientifique et technique, lequel, selon Kant, devrait également entraîner un progrès moral. Il s’agissait alors de se demander si les promesses vertigineuses en termes de puissance, offertes par l’IA, doivent être considérées comme souhaitables pour l’humanité. Pour ce faire, il convenait, dans un premier temps, de clarifier la notion d’IA, puis, dans un second temps, de mettre en lumière le problème éthique qu’elle pose, et de terminer par quelques questions.

La notion d’IA est énoncée pour la première fois par John McCarthy en 1956. Elle désigne un champ de recherche disciplinaire nouveau. Où ce champ disciplinaire devait-il mener ? Dans l’esprit de John McCarthy, il s’agissait de réaliser une machine qui simule l’intelligence humaine en toutes ses opérations. Mais que faut-il alors entendre par « machine » et par « intelligence » ? Selon la définition de Coriolis au 19ème siècle, la machine désigne la capacité à fournir un certain travail, celui-ci désignant à son tour, le produit de l’effort par le déplacement. Partant de ces définitions, la machine peut s’entendre au sens de tout dispositif qui transforme l’énergie, ce que l’on trouve, tant dans les organismes vivants que dans les artefacts. Et dès lors, le travail ne serait pas propre à l’homme. La distinction entre l’homme et la machine s’estompe.

Que dire ensuite de l’intelligence ? John McCarthy s’inspire de Turing. Ce mathématicien ayant déjà en 1936 conçu une machine permettant d’attribuer la note de « 0 » ou « 1 » à toute chose, en fonction des règles de l’algorithme (modèle de tout ordinateur), se demande en 1950 si cette machine peut penser. Contrairement à Descartes qui répondait par la négative à cette question, au motif que le signe de la pensée est le langage que seul l’homme possède, Turing répond qu’il est vain de tenter de définir la pensée, ce dont témoigne l’histoire de la philosophie faite de multiples débats sur la question. En scientifique, Turing considère qu’il s’agira de s’en tenir à l’expérimentation : il sera possible de considérer que la machine pense, dès lors qu’à une question posée, on ne pourra distinguer si la réponse provient d’une personne ou d’une machine. Or, n’est-ce pas cette promesse qu’accomplit l’IA désormais ? Force est de constater que les résultats obtenus par certaines IA (Mistral par exemple) peuvent s’avérer plus pertinents que ceux provenant d’un travail humain. Ainsi, l’IA serait intelligente comme l’est l’homme, et serait même capable de le dépasser.

Il reste que cette thèse part d’un présupposé implicite qu’il appartient au philosophe de mettre en lumière. Il porte sur le concept d’« intelligence », latent en science, dont l’origine se trouve chez le psychologue Jean Piaget, lequel considère l’intelligence comme la faculté d’adopter un comportement adapté en fonction des situations (cf. La naissance de l’intelligence chez le jeune enfant, 1923). Dès lors, si l’intelligence doit s’entendre comme cette « faculté d’adaptation », elle n’est plus l’apanage de l’homme. On parle même désormais de « rationalité » pour les robots, voire d’« émotions », tant ils sont capables de les simuler et de s’adapter à un interlocuteur humain, lui fournissant des réponses adéquates. Que nous reste-t-il alors de spécifiquement humain qui puisse nous distinguer de la machine, dès lors que celle-ci s’avère capable de réponses pertinentes et de comportement adapté ? En ce sens du mot « intelligence », la machine est « intelligente » et la grandeur de l’homme s’en trouve dévaluée. Il ne peut qu’en éprouver une honte douloureuse (« honte prométhéenne ») : celle de se voir dépassé par la technique qu’il a lui-même inventée.

L’éthique consiste à interroger la valeur des objectifs que l’on poursuit, sachant que l’objectif poursuivi impacte toujours notre manière de vivre. Interroger l’IA sur un plan éthique, revient alors à se demander si ce que visent les recherches sur l’IA, dont on a vu qu’elle constitue une discipline à part entière, est au service de l’homme.

Les recherches en IA s’appuient aujourd’hui sur une référence internationale : L’IA : une approche moderne. Dès l’introduction de cet ouvrage, le but de l’IA (en tant que champ disciplinaire) y est clairement indiqué : il s’agit de l’IAG (Intelligence Artificielle Générale). Elle rejoint exactement ce que décrivait John McCarthy : une machine capable de simuler l’intelligence humaine dans tous les domaines. Ceci posera inéluctablement (les transhumanistes le reconnaissent) un problème d’alignement des valeurs entre l’homme et la machine : si, par exemple, une machine devait être programmée pour produire le maximum de trombones possible, il en résultera un épuisement des ressources et par conséquent la vie humaine serait rendue impossible. La performance d’une IA n’implique pas, par conséquent, qu’elle soit nécessairement au service de l’homme. Si la machine devient capable d’effectuer tous les travaux que l’homme effectue, est-ce pour autant un bon objectif ? Ceci renvoie à la question fondamentale de la véritable valeur du travail humain. Réaliser un « homme augmenté », selon le projet transhumaniste, est-ce nécessairement au service de l’homme ? Pouvoir le faire implique-t-il qu’on doive le faire ? Ce qui est possible factuellement est-il pour autant légitime et souhaitable ? Augmenter les performances doit-il être considéré comme un objectif absolu qui n’aurait pas à être questionné ? Si l’on considère l’intelligence comme une faculté d’adaptation, alors rien n’empêche de le penser. Mais est-ce bien cela l’intelligence au sens de l’intelligence humaine ? La différence entre l’homme et la machine n’est-elle que de degré (mesurable en fonction des performances obtenues et par conséquent vouée au changement), ou demeure-t-elle radicale ?

Pour répondre à cette dernière question, il s’agit de s’interroger sur ce que signifie « comprendre ». Lorsque, par exemple, ChatGPT réalise un très beau texte, à partir d’un prompt bien conçu, que fait-il ? Il ne fait qu’un calcul de probabilités aboutissant à un résultat adapté qui simule ce que l’intelligence humaine est capable de faire. Mais la machine ne comprend rien ; elle calcule simplement : elle reçoit des informations et les transforme. Mais alors qu’est-ce que comprendre s’il ne s’agit pas de calculer simplement ? Comprendre, au sens de l’expérience commune à tout homme, c’est saisir ce qui est responsable d’un évènement, c’est-à-dire accéder à la cause des évènements. C’est parce que l’homme, par son intelligence, est capable de comprendre les causes qu’il est responsable et que l’IA ne l’est pas. Le législateur européen l’assume en indiquant que l’on ne doit jamais tenir une IA pour responsable. Et c’est en quoi un monde où serait réalisée l’IAG serait un monde dans lequel toute responsabilité serait abolie.

Loin de se réduire à une faculté de calcul, l’intelligence, au sens humain, est ce qui nous fait accéder à la conscience de la responsabilité. L’éthique en ce sens qualifie l’intelligence humaine. Elle ne saurait par contre qualifier l’I.A. sauf en un sens appauvri et réducteur du terme « éthique », comme du terme « intelligence ».

Merci à Emmanuel Brochier pour cette analyse éclairante ouvrant, non seulement sur un sujet d’actualité, mais surtout sur ce qui constitue un enjeu majeur de toute existence humaine.

Michel Bouton (professeur de philosophie au lycée)

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Les actus de l'ensemble scolaire

Fêtons l’AS !

Le jeudi 11 juin se tenait la fête de l’AS 2025-2026 de notre établissement au PADEL de Trappes.

Tous nos élèves inscrits à l’AS se sont réunis pour pratiquer ensemble les sports proposés par l’AS durant l’année. Ce fut un véritable moment de partage et de souvenirs pour chacun d’entre eux.

Championnat de France Natation UGSEL 2026

17 élèves ont participé au championnat de France de Natation UGSEL, à Paris le jeudi 4 et le vendredi 5 juin 2026. C’est un record de participation pour notre établissement.

  • ELIES, 4ème3
  • ELISE, 4ème8
  • HELOISE, 5ème1
  • MANON, 6ème6
  • CEDRIC, 6ème9
  • ERIS, 6ème7
  • CLEMENTINE, 5ème2
  • APOLLINE, 4ème7
  • ARISTIDE, 5ème7
  • JADE, 4ème6
  • EVA, 5ème3
  • ZOE, 6ème3
  • OCEANE, 5ème3
  • PAULINE, 2nde8
  • HELOISE, 3ème3
  • AIDANE, 5ème1
  • ALYS, 5ème7

Nous n’avons pas remporté de médailles, mais nous nous sommes qualifiés à 13 finales sur 16 possibles.

AS Raid – Retour sur le championnat de France 2026

Retour sur la première journée du Championnat de France de l’AS Raid.

Une bonne performance sous la pluie pour cette première journée.

  • 5eme place de nos Minimes 1 : Albane Mougel, Marius Bernard, Raphaël Couratin
  • 17eme place de nos Minimes 2 :Astrid Besnard, Titouan Froget, Théo Biondollilo
  • 20eme place pour nos Benjamins : Sofia Chauvy, Louis Le, Jules Moro

C’est parti pour la plus grosse journée !

Les actus du collège

Les Olympiades de Saint-François d’Assise

Entre sport, partage, compétition et esprit d’équipe.

Le lundi 15 juin se tenait au collège Saint-François d’Assise, les Olympiades : un évènement sportif rassemblant tous les 3èmes du collège.

Chaque classe a réalisé en cours d’Arts Plastiques sont drapeaux avec lequel elle a défilé lors de l’ouverture de ces Olympiades.

Retour sur la visite des futurs 6èmes

Vendredi 12 juin, se tenait au collège de Saint-François d’Assise la visite de l’établissement par les futurs 6èmes.

Nettoyons la nature !

Hier, trois classes de 5ème ont participé activement à l’opération Nettoyons la nature. Après un temps d’explication à propos des déchets et de leur impact sur la Nature, enfants et adultes ont mis chasubles et gants et ont ramassé un grand nombre de déchets.

Les actus du lycée

Au cœur des enjeux de défense : une double conférence pour les élèves de Terminale 1

Cette fin d’année a été marquée par deux interventions particulièrement enrichissantes dans le cadre de notre projet Classe Défense, permettant aux élèves d’approfondir leur compréhension des enjeux militaires, géopolitiques et industriels contemporains.

Le matin, les élèves de la Classe Défense ont assisté à la dernière conférence de l’année animée par le colonel Christophe, parrain de notre Classe Défense. Cette intervention a permis de revenir sur l’évolution récente de l’armée française, de la fin de la Guerre froide jusqu’aux enjeux actuels.

Les élèves ont notamment découvert les transformations des modes d’engagement de l’armée, la création du Commandement du combat futur ainsi que les nouvelles formes de préparation des armées et de la population face aux crises contemporaines. Le colonel a également présenté les évolutions technologiques en matière d’équipements militaires, notamment les nouveaux engins robotiques et les drones désormais intégrés aux stratégies de défense modernes.

L’après-midi, les classes de T1, T3 et T5 ont eu l’opportunité d’assister à une conférence animée par Frédéric Allaert architecte système et Théo Quervel analyste, représentant l’entreprise Thales.

Cette intervention a permis aux élèves d’aborder les grandes régions aujourd’hui touchées par les crises géopolitiques mondiales : Asie, Moyen-Orient, péninsule arabique, Europe, Afrique ou encore Amérique latine. Les intervenants ont également expliqué les enjeux liés au financement des armées et aux orientations stratégiques des États dans un contexte international instable.

Les élèves ont ensuite découvert le fonctionnement de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) française, la répartition des industriels du secteur ainsi que la place occupée par la France dans ce domaine à l’échelle mondiale. Enfin, une présentation de l’entreprise Thales et de certaines technologies développées dans le domaine de la défense, notamment autour des systèmes de missiles, a conclu cette intervention particulièrement appréciée.

Ces deux conférences viennent clore une année riche en découvertes et en échanges pour les élèves engagés dans le projet Classe Défense.

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Journal des sciences

Portrait de René DESCARTES

Le savant qui a changé notre façon de voir le monde.

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Tout au long de l’année scolaire, les élèves de seconde ont réalisé un travail de recherche et de rédaction autour de grands scientifiques étudiés en Physique-Chimie. Par groupes de deux ou trois, ils ont conçu des « journaux de sciences » mettant en lumière la vie, les découvertes et l’impact de ces savants sur les notions abordées en cours.

Quatre journaux ont ainsi été réalisés autour d’Avogadro et de la quantité de matière, de René Descartes et Snell à propos des lois de la réflexion et de la réfraction, ainsi que de Lewis et de la stabilité des molécules.

Ce projet a permis aux élèves de développer à la fois leurs connaissances scientifiques, leurs compétences de recherche documentaire et leur créativité. Le meilleur journal a été sélectionné pour être publié dans le journal du lycée et sur le site internet.

Challenge sportif organisé par les Terminales 1

Une belle clôture pour notre projet Classe Défense

Les élèves de Terminale 1 ont conclu cette année leur projet « Classe Défense », mené par Mme Lefebvre et Mr Hubert, par l’organisation d’un challenge sportif réunissant l’ensemble des classes de Terminale autour des valeurs du sport, de l’engagement et de la solidarité.

Pensée comme un temps fort de fin d’année, cette rencontre a permis aux élèves de participer à différentes olympiades dans une ambiance conviviale et fédératrice. Tous ont pleinement joué le jeu, faisant de cette journée une véritable réussite collective.

Ce projet, mené tout au long de l’année autour des liens entre l’École de la République, le sport et la Défense, a également été l’occasion de sensibiliser les élèves aux enjeux de mémoire et de solidarité. À cette occasion, les élèves ont remis un don de 1 366 € au Directeur départemental de l’ONAC-VG, au profit du Bleuet de France.

La journée a été honorée par la présence de Monsieur le Maire Lorrain Merckaert ainsi que de deux sportifs invités ayant participé aux épreuves aux côtés des élèves :

– Basile Nonotte, du Judo Club de Beynes ;

– Marie-Alice Pelletier Rimbert, du Racing Club de France.

Leur présence et leur implication ont largement contribué à la réussite de cette journée placée sous le signe du partage et de l’engagement.

À travers cette action, les élèves de T1 ont su mettre en lumière les valeurs portées par notre établissement : esprit collectif, solidarité, citoyenneté et engagement.

Félicitations aux élèves pour leur investissement tout au long de l’année et merci à l’ensemble des personnels et partenaires ayant contribué à la réussite de ce beau projet.

Engagé pour l’environnement : compensation de l’impact carbone de notre site internet En savoir +